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NOTRE-DAME-DU-MONT-CARMEL
BLASON
Explication héraldique:
D'azur, à un mont d'or: au chef d'or, à une épinette de
sinople accompagnée de six épis montants du même sur une terrasse rocailleuse
de sinople
Ornements extérieurs: L'écu est soutenu par 8 feuilles
d'érable au naturel.
A la devise: Un listel de parchemin de sinople chargé de la
devise.
Signification:
Le mont sur un fond d'azur désigne Mont-Carmel: la montagne
représente le mont tandis que le bleu, couleur mariale, symbolise la Sainte
Vierge, d'où Notre-Dame-du-Mont-Carmel
L,épinette et les épis sur un fond d'or désignent l'espoir
et la richesse, la forêt et la culture du sol, les deux axes de l'économie
de Mont-Carmel. les pierres qui jonchent le sol rappellent les difficultés de
l'agriculture.
(Le blason est l' oeuvre de M. Jacques Buissière d'après une
esquisse de M. Roland Boulanger, prêtre, qui s'est aussi chargé de contrôler
la valeur héraldique de ce blason.
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Notre-Dame-du-Mont-Carmel
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Une première église fut
construite en 1851 par M. l'abbé Édouard Guertien, curé de
Saint-Denis, qui desservit d'abord la paroisse. La mission
portait alors le nom de "Saint-Édouard". Un curé y réside
depuis 1859, année de l'ouverture des registres de la paroisse.
Érection canonique : 30 janvier 1867.
Érection civile : 16 mars 1869.
La municipalité de la paroisse de Notre-Dame-du-Mont-Carmel
a été érigée le 1er janvier 1855.
C'est l'abbé Édouard Guertier qui a suggéré à l'autorité
ecclésiastique que la paroisse fut mise sous le patronage de
Notre-Dame-du-Mont-Carmel,
qui était sa dévotion particulière.
Bien que la paroisse religieuse de Notre-Dame-du-Mont-Carmel
ait été détachée de celle de Rivière-Ouelle, son territoire
a été taillé à partir de celui des seigneuries de la
Bouteillerie (Rivière-Ouelle), de Saint-Denis et de Kamouraska
et dans une partie du canton Woodbridge. En 1908, un second démembrement
agrandi les limites de Mont-Carmel aux dépends de la seigneurie de
Rivière-Ouelle.
On peut affirmer que le peuplement de Mont-Carmel,
commencé avant 1840, fut très intensif aux environs de 1850.
La quasi-totalité de ces colons provenaient des paroisses
"d'en bas", c'est-à-dire Rivière-Ouelle, Saint-Denis
et Saint-Louis (Kamouraska).
D'après une tradition orale qui ne fut jamais contredit par
les documents écrits, le premier habitant de Mont-Carmel serait François Lebel ; le 26 mars 1814, il se faisait concéder
une terre au bas de la côte du village.
À partir de cette époque, jusqu'à environ 1850, la région
de Mont-Carmel était appelé "Grand Bas" ou "Grande
Montagne".
L'histoire de cette municipalité nous amène à traiter du développement
du secteur du Lac de l'Est. Le développement de ce secteur,
ayant été peuplé en majorité par des gens de Mont-Carmel,
reflète bien l'attachement de cette population au secteur
forestier en tant qu'activité économique 1
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Le Lac de l'Est
Cette description de l'apport de la forêt à l'économie de
Mont-Carmel serait nettement incomplète si nous ne parlions pas du domaine
forestier situé au-delà des limites de la municipalité ; en
effet, ces étendues boisées ont contribué à l'essor de la
paroisse en fournissant du travail à une importante partie de
sa population et en permettant aux frères Plourde d'y exercer
leurs activités.
Nous savons déjà que, vers 1862-1863, des jeunes gens de
Mont-Carmel se rendaient à la rivière Saint-Jean (Maine), pour travailler
dans les chantiers. On ne peut s'empêcher d'admirer leur
courage si l'on tient compte uniquement du trajet effectué pour
s'y rendre puisqu'ils devaient voyager à pied faute de chemin
carossable.
Par la suite, d'autres chantiers s'ouvrirent dans les hautes
terres du comté. La première exploitation d'envergure fut
celle des frères Julius et Victor Fawrs du Nouveau-Brunswick
qui ouvrirent un chantier vers 1894 au Lac de l'Est et la
maintinrent en opération pendant quelques années ; ils
faisaient draver leur bois sur la rivière Saint-Jean. Après
eux, Bony et Towers s'installèrent dans la région : un bureau
(office) existait au Lac de l'Est en 1898. Au ruisseau
"d'eau claire", ils opéraient un petit moulin pour
dormants 2 de chemin de fer qui étaient
dravés sur la rivière du Loup jusqu'à la ville de ce nom ; le
bois de construction était expédié par la rivière
Saint-Jean. Ils opéraient aussi un moulin au chemin de front ou
Taché.
À l'époque, le peuplement permanent du Lac de l'Est était
fort limité. Depuis 1880 environ, il y avait une famille d'établie
là, celle de Louis Dionne. Avec l'ouverture des chantiers des
Faws et ceux de Bony et Towers, la population augmenta en période
hivernale, de sorte qu'il fallu songer à organiser certaines
visites du prête auprès des bûcherons. Nous avons retrouvé
à l'Évêché une lettre de Messire Joseph-Georges Goudreau à
Monseigneur Bégin, en date du 8 février 1897 ; le curé de
Mont-Carmel demandait un autel portatif pour la mission du Lac de l'Est et
se proposait, après l'invitation reçu du maître de chantier,
un protestant, de monter au Lac la semaine suivante pour visiter
les travailleurs. D'ores et déjà, le Lac de l'Est était
devenu une préoccupation pour le pasteur de Mont-Carmel.
Il semble cependant que le peu de duré de ces opérations
n'amena pas tellement de population permanente au Lac de l'Est.
Au début du siècle, la "Rivière-Ouelle Pulp Lumber Co."
ouvrit un chantier sur l'emplacement futur du Transcontinental ;
on y coupait un peu de bois de pulpe et surtout du bois de
construction qui alimentait son moulin à scie en opération à
Powerville depuis 1904 et qui employait une quarantaine de
personnes. En 1910, les frères Demers de Saint-Agapit de
Lotbinière coupèrent du bois de pulpe en bas de Powerville
pendant environ trois ans ; ils l'expédiaient par
Saint-Philippe-de-Néri.
À l'automne 1925, la Compagnie Fraser, qui coupait déjà
depuis quelques années sur les limites de la Eaton Land Co.,
ouvrit un moulin au Lac de l'Est. Ce moulin brûla en 1932 et la
compagnie ne le reconstruisit pas. À l'époque, le Lac de l'Est
était devenu un lieu de résidence permanente. Depuis la
construction du moulin des Fraser, le curé François
Saint-Pierre desservait la mission ; il s'y rendait une fois par
mois (lui ou son vicaire) et il disait la messe dans un local de
la compagnie. En 1927, le curé fit construire une chapelle-école
avec l'aide du Gouvernement Provincial ; il y avait alors
quarante familles ayant cinquante-cinq enfants en âge de fréquenter
les classes qui commencèrent en septembre 1927. La population
était de trois cent cinquante personnes en 1930, mais elle
diminua quelque peu entre l'incendie du moulin de la compagnie
et la construction du moulin des frères Plourde.
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Les frères Plourde
Les dernières décennies de l'histoire du Lac de l'Est
furent grandement marquées par l'activité des quatre frères
Plourde : Albert, Alfred, Joseph et Michel. Monsieur Alfred
Plourde fut aussi député de Kamouraska entre 1948 et 1962.
Ces hommes s'étaient sentis très tôt attirés par
l'industrie forestière. Peu à peu, ils avaient commencé à
faire couper du bois comme entrepreneurs forestiers notamment
pour la Power Lumber Co. Ltd. À l'automne 1934, Monsieur Michel
Plourde loua le moulin de Denis Garon au "chemin de
front" et opéra une coupe sur les limites à bois de la
compagnie Power ; à l'automne 1935, ses frères se joignirent
à lui et on utilisa un deuxième moulin à Painchaud pour scier
le bois bûché sur une coupe de bois achetée de la "Eaton
Land Co.". À l'automne de 1936, les frères Plourde achetèrent
pour dix ans le droit de coupe sur la limite de la dite
compagnie, qu'avaient eue les Fraser avant eux, et
construisirent un moulin à scie sur le bord du Lac de l'Est
tout en continuant d'opérer celui de Painchaud pendant encore
une "couple d'années". Le Lac de l'Est entrait dans
sa phase la plus brillante.
En 1941, les frères Plourde se portèrent acquéreurs du
reste des limites et autres biens de la Power Lumber Co. Ltd,
aux mains de la Banque Canadienne Nationale depuis la faillite
de la compagnie en 1932, et opérèrent la scierie de Saint-Pacôme
jusqu'en 1952 alors qu'ils furent dans l'obligation "de
limiter leurs opérations au Lac de l'Est, les terrains
forestiers alimentant la scierie de Saint-Pacôme étant épuisés
ou trop éloignés pour fournir un rendement profitable".
"Le moulin du Lac de l'Est devint donc l'artère
principale vers laquelle s'achemina le bois coupé sur les
limites de Power Lumber et de Plourde et Frères". Deux
incendies, l'un le 17 novembre 1945, l'autre dans la nuit du 21
au 22 mars 1954, obligèrent les propriétaires à reconstruire
ce moulin, toujours doté d'un équipement des plus complets et
des plus modernes.
"Les frères Plourde ont aussi fondé en 1954 une autre
compagnie enregistrée sous la raison sociale de East Lake
Lumber Co. Cette dernière s'occupe de mettre sur les marchés
canadiens et américains la production du Lac de l'Est, que l'on
achemine vers le moulin de préparation de Charny".
En 1950, Plourde & Frères Ltée se porta acquéreur des
limites à bois de la Eaton Land Co. de Calais, Maine, soit 196
milles carrés pour le prix de 315 000 $ à part les frais de
transaction. Ils possédaient alors une réserve forestière de
près de 400 milles carrés. À cette époque, Plourde & Frères
fournissait de l'ouvrage à plus de cent personnes en été et
à près de deux cent en hiver sans compter l'usine de Charny
qui donnait du travail à plus de trente employés à l'année
longue.
Cinq ans après l'achat des limites de la Eaton Land Co., les
domaines forestiers de Plourde & Frères Ltée passa aux
mains de la Donohue Brothers ; les vendeurs se réservaient le
droit de couper trente millions de pieds de bois de 1955 à
1960. Après 1960, la compagnie a poursuivi ses opérations à
Saint-Juste, en achetant le bois rond des contracteurs et en les
faisant scier à contrat. Monsieur Alfred Plourde acheta et répara
ensuite une scierie en plus d'obtenir des droits de coupe de
bois dans le Maine. Après la mort accidentelle de Monsieur
Alfred Plourde et l'incendie de son moulin, ses frères,
Messieurs Albert et Michel Plourde, dont les transactions se
font surtout sous la raison sociale de East Lake Lumber Co., ont
continué les opérations forestières.
De nos jours, le Lac de l'Est est devenu un centre
touristique et de villégiature. Les camps de bûcherons sont
remplacés par les chalets, et les baigneurs se rendent nombreux
durant les belles journées d'été pour jouir de la plage et du
camping 3 . |
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Autres dates importantes
| 1832 : |
Ouverture d'un chemin depuis le chemin de Saint-Denis
jusqu'aux environs des limites de la seigneurie (Nord-Sud). |
| 1838 : |
Début du peuplement. Les colons proviennent de
Rivière-Ouelle,
Saint-Denis et Saint-Louis (Kamouraska). |
| Vers 1840 : |
Construction d'un moulin à farine sur la rivière du
"Grand Bras". |
| Vers 1840 : |
Construction d'un moulin à scie sur la rivière de Bayonne. |
| 1860 : |
Le moulin à farine du "Grand Bras" est détruit
par le feu. |
| 1876 : |
Eusèbe Lévesque construit un moulin à eau sur la rivière
Bayonne ; il brûle en 1917. |
| 1878 : |
On dénombre 1 forgeron et 1 marchand. |
| 1891 : |
Les frères Roy ouvrent une fromagerie au village. |
| 1894 : |
Joseph Morin achète un moulin à vapeur au "Petit
Bras" et le déménage à "Bayonne" en 1917. |
| 1898 : |
Un moulin est aménagé par Roland Paradis sur la rivière
"Bayonne". |
| Vers 1905 : |
Alexandre Jean possède une scierie fonctionnant à la
vapeur située au village. |
| 1906 : |
Construction de l'église actuelle. |
| 1906 : |
Les frères Roy convertissent leur fromagerie en beurrerie
et ouvrent une fromagerie au "Petit Bras". |
| 1906 : |
Installation d'un aqueduc au village par Léon Roy de
Saint-Pascal. |
| 1915 : |
La fromagerie du "Petit Bras" ferme ses portes. |
| 1915 : |
Fermeture du moulin Paradis au 8e rang. |
| 1917 : |
Nouvelle fromagerie installée au village au "Grand
Bras". |
| 1929 : |
Début de la mise sur pied d'un système de protection
contre l'incendie. |
| 1932 : |
Création de la "Brigade du département du feu". |
| 1948 : |
La scierie d'Alexandre Jean est incendiée. |
| 1950 : |
Installation d'une fabrique de bonbons. |
| 1960 : |
Le moulin de Joseph Morin à Bayonne cesse ses activités. |
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1 MAGNAN, Hormidas, Paroisses, Missions et
Municipalités de la Province de Québec, Dictionnaire Historique
et Géographique, L'Imprimerie d'Arthabaska inc., Arthabaska P.Q.,
1925, p. 143.
2 Dormants : Madrier de bois fixe servant à
soutenir les rails de chemin de fer.
3 LÉVESQUE, Ulric, Notre-Dame-de-Mont-Carmel,
1867-1967, Comité du Centenaire 1967, pp. 105 à 109.
Source : CASTONGUAY, France et cie, Résultats de recherches
destinés au cours connaissances du milieu, 2e volet : Histoire,
La Corporation Touristique du Kamouraska, Saint-Pascal, Septembre
1987.
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