Léonard LÉVESQUE

 

Léonard LÉVESQUE  
 

Léonard LÉVESQUE

Né à Mont-Carmel, le 23 mai 1935, fils de Joseph Lévesque, cultivateur, et d'Alice Pelletier.

A étudié à l'école principale de Mont-Carmel et à l'École d'orientation des métiers du Québec à Montréal.

Travailla un an dans le domaine de l'électronique à Saint-Pascal. En 1962, il devint cultivateur sur la ferme paternelle. Vice-président de la caisse populaire de Mont-Carmel. Membre des Chevaliers de Colomb. Organisateur sportif du comité des loisirs de sa région. Premier vice-président du Club Lions de Mont-Carmel.

Marguillier de la paroisse Notre-Dame-du-Mont-Carmel en 1974 et 1975. Conseiller de l'exécutif du Parti québécois de son comté en 1973 et 1974. Élu député du Parti québécois dans Kamouraska-Témiscouata en 1976. Réélu en 1981. Adjoint parlementaire du ministre de l'Environnement du 21 février au 23 octobre 1985. Défait en 1985. Retraité.

Mise à jour de la biographie : 31 juillet 1992

Provenance assnat

 
 
Il y a 30 ans :
Kamouraska-Témiscouata élisait Léonard Lévesque
Mercredi dernier, Léonard Lévesque s'est rendu à Québec retrouver quelques-uns de ses anciens collègues qui, comme lui, le 15 novembre 1976, n'avaient « jamais été aussi fiers d'être Québécois. »
Maurice Gagnon

Trente ans se sont écoulés depuis que cet agriculteur de Mont-Carmel est devenu, à 41 ans, avec une faible majorité de 310 voix, le premier député du Parti québécois de Kamouraska-Témiscouata. Léonard Lévesque a d'ailleurs été le plus surpris de cette victoire dans un comté de tradition libérale. Ce que le parti souhaitait alors, c'était, dit-il, « de faire bonne figure », de faire mieux qu'aux élections de 1970 et 1973.

À l'élection de 1973, Léonard Lévesque avait fait la campagne aux côtés du candidat péquiste de l'époque, Pierre Fecteau. Le P.Q. avait recueilli à peine 16 % des voix, se classant 3e derrière le créditiste Normand Dumont. Les libéraux de Jean-Marie Pelletier prenaient le comté avec une confortable avance de plus de 5 000 voix. À l'échelle du Québec, le parti de Robert Bourassa faisait élire 102 députés sur 110 circonscriptions.

Élection surprise

Trois ans plus tard, l'exécutif du comté et le chef du parti René Lévesque parviennent à convaincre Léonard Lévesque de porter la bannière péquiste. Coup de théâtre. Le P.Q. est élu. Un parti séparatiste vient de prendre le pouvoir à Québec. Et René Lévesque, sur la scène du Centre Paul-Sauvé, à Montréal, clame d'une voix éraillée sa fierté d'être Québécois entouré de quelques-uns de ses futurs ministres, dont Lise Payette. Dans Kamouraska-Témiscouata, Léonard Lévesque fête avec ses militants. Il vient de déloger Jean-Marie Pelletier par la peau des dents.

L'élection de 1981 permettra au P.Q. de consolider son avance dans le comté avec un peu plus de 4 000 voix de majorité sur le Parti libéral représenté alors par Réginald Grand'Maison. L'Union nationale arrive alors loin derrière avec moins de 6 % des voix.

Le P.Q. promettait d'être un bon gouvernement, l'a-t-il été ? « Le 1er mandat, je pense que oui », répond l'ancien député. Il cite, entre autres, la Loi sur le zonage agricole et celle sur l'assurance automobile qui s'inscrivent parmi les réformes majeures proposées par le P.Q. entre 1976 et 1981. « Le 2e mandat, il est arrivé une situation économique beaucoup plus difficile, il a fallu serrer la vis », dit-il.

Témiscouata-Kamouraska

En parallèle, Léonard Lévesque estime avoir été un bon député. « J'ai été assez proche des gens », dit-il. Ce n'est pas tant la fierté d'avoir mené à terme de gros dossiers que d'avoir permis la réalisation de plusieurs projets qu'il retient. Une anecdote le fait sourire. « Si j'étais dans le Témiscouata, il fallait que je prononce toujours, si je parlais de mon comté, Témiscouata-Kamouraska », dit-il.

Léonard Lévesque raconte que ce qui le décevait dans son travail de député, c'est quand quelqu'un qui venait le voir exhibait sa carte de membre du parti en entrant dans le bureau. « Le député est élu pour toute la population », lance-t-il. Selon Léonard Lévesque, des maires libéraux n'hésitaient pas à reconnaître son travail. Mais, il relate un cas où un maire, après avoir reçu une aide du gouvernement du Québec, avait déclaré devant son conseil municipal qu'elle venait du fédéral.

Lévesque le convainc de rester

Léonard Lévesque affirme avoir adoré ses années de politique active, même si le début du premier mandat a été difficile. Après deux ans, il a même failli tout laisser tomber. Un jour, il sort du Parlement et s'en va marcher sur les Plaines d'Abraham pour réfléchir. Il rencontre le Premier ministre Lévesque et lui confie qu'il a l'intention de retourner sur ses terres. « Il m'a dit que lui aussi n'avait jamais été Premier ministre avant, qu'il fallait qu'il apprenne et qu'il trouvait ça dur », se souvient Léonard Lévesque. Le chef le convainc de rester.

Léonard Lévesque garde un excellent souvenir de son chef. « J'ai joué aux cartes avec lui », se souvient l'ancien député. Ce dernier avait d'ailleurs exploité le fait qu'il avait le même patronyme que le Premier ministre dans son slogan en 1981. « Lévesque à Québec, Lévesque dans le comté, on peut pas se tromper », se plaisait-il à clamer aux électeurs.

Autre anecdote amusante : lors du 325e anniversaire de Rivière-Ouelle, se retrouvent à la table d'honneur, Mgr Charles-Henri Lévesque, le préfet Oscar Lévesque, le maire de Mont-Carmel Elphège Lévesque, celui de Rivière-Ouelle Raymond Lévesque, le député Léonard Lévesque et le premier ministre René Lévesque.

L'échec référendaire

Quand Léonard Lévesque parle de l'échec du référendum de 1980, le ton de sa voix change. Les inflexions sont plus douces. « Je n'ai pas braillé parce que je ne suis pas braillard, mais ça m'avait affecté pas mal », dit-il. Un mois avant le scrutin, « avant que Trudeau se mette la tête sur le billot », M. Lévesque était convaincu que l'option allait passer.

Dans Kamouraska-Témiscouata, le Oui obtient près de 44 % des voix alors que le Non recueille 56 % des suffrages. La défaite sera plus cuisante dans le comté voisin de Montmagny-L'Islet où le Non obtient près de 62 % des voix contre 38 % pour le Oui.

Observateur

Même s'il n'est plus impliqué directement dans le parti, Léonard Lévesque continue de suivre les activités, de souscrire, et demeure un souverainiste convaincu. Il ne cache pas que c'est la souveraineté du Québec qui l'a amenée au P.Q. « Je commence à penser que c'est peut-être un autre parti politique qui pourrait faire la souveraineté du Québec », lance cet observateur de la scène politique québécoise.

L'entrevue se termine. Assis dans son fauteuil, une cigarette entre les doigts comme son ancien chef, Léonard Lévesque poursuit la discussion en parlant de la situation politique au sein du P.Q., mais aussi au sein du Parti libéral du Canada qui choisira bientôt un nouveau chef. Une idée lui revient. Le départ de Bernard Landry. Avec 71 % d'appui, il aurait dû rester, affirme Léonard Lévesque. « Ça aurait été le gars pour nous mener le plus vite à la souveraineté », dit-il.

(ndrl : Les chiffres utilisés dans ce reportage ont été tirés du site Internet http://www.quebecpolitique.com/. Selon M. Léonard Lévesque, à la suite d'un recomptage, sa majorité avait dépassé 500 voix lors de l'élection de 1976)

Journal le Placoteux

 
     
     
 

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